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Portraits de jeunes confinés

Durant la période de confinement du mois de mars, les Missions Locales de Normandie ont réalisé 267 portraits sensibles de jeunes qui témoignent de la diversité de leurs parcours et de leurs humeurs .

Ce qui domine :
Le moral des jeunes est changeant d’une journée à l’autre.
Une majorité des jeunes vivent mal ce confinement (ennui, stress, peur, injustice face à la perte/arrêt d'un emploi/formation) même s'ils comprennent l'importance de cette mesure et la respectent. Un certain nombre de jeunes se disent "en colère" quand ils voient des personnes qui ne respectent pas le confinement. 
Le confinement est moins bien vécu quand les jeunes sont isolés dans leur logement.
Une part minoritaire est confrontée à de réels problèmes psychologiques, familiaux, financiers…  
Les occupations le plus souvent citées sont la TV, les séries, les jeux en ligne, le jardinage mais aussi le bricolage, le dessin…
Les amis, la liberté de sortir, la famille, travailler sont les aspects qui manquent le plus aux jeunes. 
De nombreux jeunes témoignent de leur crainte et leurs interrogations vis à vis de la durée de la propagation et de l'après confinement : Et si mon entourage ou moi attrapions le virus ? Comment gérer mon budget de courses ? Comment ça va se passer avec mon allocation, ma formation ? Pourrais-je retrouver mon travail ? Quand aurais-je un retour de l'entretien d'embauche passé avant le confinement ? 
La prise de contact des conseillers des ML est très bien reçue. Elle permet aux jeunes de sortir de leur quotidien en discutant avec une personne "extérieure", de répondre à des interrogations, d’avoir du soutien et de programmer les prochaines étapes en fonction des situations. 



Infographie complète et synthétique des profil type émergents de ces portraits :  ICI 

Voici une sélection de portraits anonymisés : 
 
Valentine* 20 ans – Dépistée Covid-19 – Vit en appartement (50).
Il y a une semaine, Valentine a été testée positive au covid-19. Elle m’a expliqué que c’était « pire qu’une grippe » (difficulté respiratoire, maux de tête, fièvre, maux de gorge). Elle a passé quasiment la semaine à dormir et me dit avoir perdu 3 kilos. Après une période difficile, elle se sent déjà mieux, même si elle reste inquiète et espère guérir rapidement. Le confinement est difficile pour elle car elle s’inquiète pour ses proches (même pour sa conseillère Mission Locale) et tourne en rond dans son appartement. Elle en a aussi « marre » de rester confinée car le temps lui semble extrêmement long mais elle respecte scrupuleusement les restrictions puisqu’elle a été malade.
Valentine s’ennuie. Elle passe ses journées à regarder la télé, jouer avec ses animaux et chercher des occupations avec sa compagne.
Valentine vit en concubinage mais explique que rester confinée engendre des tensions dans le couple car elles ne peuvent pas sortir et avoir des occupations chacune de leur côté.
Sa conjointe étant également confinée, c’est la belle maman de Valentine qui leur fait les courses et les dépose devant la porte. Elle explique qu’il y a beaucoup de solidarité autour d’elle et que ça la touche énormément.
Valentine est actuellement sur le dispositif #Avenir et souhaite à la fin de celui-ci intégrer la Garantie jeune. Nous avons donc échangé sur ce dispositif par téléphone.
Ce mois-ci elle ne va percevoir aucune rémunération car elle est en arrêt maladie et n’arrive pas à joindre la sécurité sociale pour transmettre son arrêt donc je vais l’aider avec une allocation PACEA.
Valentine est très contente et touchée que sa conseillère ML prenne de ses nouvelles.

Cécilia* – 22 ans – Employée dans la grande distribution (50)
Cécilia vit en couple avec un conjoint qui ne travaille pas. Elle est toujours en emploi comme polyvalente en libre-service et caisse dans une supérette.
Elle est tendue car elle craint le contact avec les clients même s'ils sont équipés de masques, gants et gel hydroalcoolique. C'est stressant de voir les clients même si c'est aussi important, et que cela lui fait du bien de pouvoir sortir de chez elle. Elle était surprise voir autant de monde la 1ère semaine, 200 personnes par matinée.
Dans son quotidien, c'est dur aussi d'être confinée même si à deux, c'est plus facile. Elle maintien du contact avec la famille qui est loin et qui commence à être aussi touchée par le virus. Les séries, la télé et les jeux complètent leur quotidien.
Le plus dur ? Ne pas savoir, ni combien de temps, ni qui va être touché. Elle apprécie l'appel avec son conseiller.

Manon*, 24 ans, en emploi dans un EHPAD (50)
Manon vit avec son conjoint. Elle a démarré un contrat aidé PEC le mois dernier en tant qu’agent de soins au sein d’un EHPAD situé sur le Centre Manche.
Elle me dit être contente de pouvoir continuer à travailler et se sent encore plus utile dans un tel contexte. En Effet, c’est difficile pour les résidents qui n’ont pas vu leurs familles depuis 3 semaines maintenant.
Bien sûr, la crise du COVID19 rend le travail plus stressant car ils doivent respecter des règles d’hygiène drastiques pour ne pas mettre en danger les résidents ainsi que le personnel. Elle aimerait être mieux équipée en gants et en masques dans le cadre de son activité.
Par ailleurs, Manon ne comprend pas certaines personnes qui ne respectent pas toujours les règles imposées par le gouvernement. Ils n’ont pas conscience que cela peut aller très vite en matière de contagion …
Son rythme à la maison n’a pas beaucoup changé car son conjoint travaille également pendant cette période de confinement. Il est dans le secteur de l’agroalimentaire et travaille en 3/8.
Ce sont surtout leurs proches (parents et amis) qui s’inquiètent pour eux.
Ils ont peur qu’ils soient trop exposés, mais Manon leur donne régulièrement des nouvelles en restant en contact avec eux via « Messenger » pour les rassurer.
Ceci dit… Elle me confie être tout de même soulagée car elle a pu se marier avec son conjoint juste avant le confinement « On l’a échappé belle car à 2 semaines prêt c’était fichu … ».
Sur ces mots, nous décidons de rester en contact et je prendrai prochainement attache auprès de son employeur pour faire un point dans le cadre de son contrat PEC.
 
Pierre* – 19 ans – Trop Inquiet pour démarrer un contrat durant le confinement (61)
Je m’appelle Pierre, j’ai 19 ans et je vis à Alençon avec ma mère, normalement ma sœur vit également avec nous mais elle est partie chez notre tante pour pouvoir garder ces enfants car notre tante est aide-soignante à la clinique (elle a déjà eu des contacts avec des malades, ma mère angoisse beaucoup pour ma petite sœur). Je suis confiné depuis le 17 mars. La veille du confinement j’ai réalisé un essai dans une entreprise du bâtiment, cet essai s’est révélé concluant l’employeur m’a donc proposé de continuer et ceux malgré les nouvelles mesures. Après échange avec ma mère, j’ai décidé de refuser de commencer mon contrat (inquiétude, peur) pendant cette période et j’ai proposé à mon employeur de reprendre contact après le confinement (j’espère être repris après).
Je suis quelqu’un de très actif et ça m’énerve de rester enfermé chez moi, heureusement nous avons commencé des travaux à la maison, en ce moment c’est ponçage ponçage et encore ponçage !!! Sinon je m’occupe en jouant à la console et je fais également beaucoup de dessins (un peu de tout selon mon humeur). Etant donné que je vis chez ma mère je ne m’occupe pas beaucoup des courses, c’est très souvent elle qui se déplace. Je m’y rends quand même de temps en temps, ça me permets de prendre l’air. Ce qui me manque le plus, c’est de pouvoir sortir quand je veux, pouvoir faire des soirées avec des amis et pouvoir manger un hamburger de chez Mc DO !!!!
J’ai du mal à comprendre les gens qui sortent quand même malgré les interdictions, tant pis et dommage pour eux mais moi je reste chez moi. J’espère vraiment que l‘employeur tiendra parole et me reprendra après le confinement, je ne sais pas combien de temps tout ça va durer, j’ai l’impression que ça va durer très longtemps

Claire, 18 ans – 
 
Je suis de bonne humeur car je ne vais pas pleurer par rapport à la situation mais cela me soule par rapport à ce qu’on vit, au fait qu’on soit enfermé depuis plusieurs jours. Au début, je n’étais pas inquiète de la situation car cela ne me semblait pas réel. Ensuite, plus la situation dure, plus je prends conscience de la mesure de l’épidémie et de ce qu’on est en train de vivre.
J’ai bien reçu les consignes de la Mission Locale mais je les avais déjà par ma famille. On respecte les consignes. J’ai parlé avec ma mamie de cette situation qui elle a déjà connu une situation de ce genre.
Ce qui est compliqué avec le confinement, c’est de garder un rythme et de trouver un « bon rythme ».
Moi, je garde un rythme calme le matin où je fais un tour sur les réseaux sociaux : Instagram, Snap, … Je m’occupe en participant à la vie quotidienne de notre maison : vaisselle, ménage, préparation des repas, coloriage avec les petits (5 ans et 3 ans et demi).
L’après-midi à partir de 14h à 15h30, j’ai rejoint une plateforme de classe virtuelle afin de me permettre de me remette à niveau et d’envisager un nouveau projet professionnel : reprendre une formation scolaire en septembre. En effet, j’ai été recontacté par un ancien professeur qui a fait un point sur ma situation actuelle et qui m’a proposé de les rejoindre via un lien qu’elle nous transmet. Je suis bien occupée avec cette classe virtuelle.
A partir de 16h00, je vais faire du sport comme avant le confinement dans le jardin de notre maison familiale. Je rejoue avec les plus jeunes ensuite.
Après notre souper vers 20h, je m’occupe tranquillement en me mettant sur Netflix.
Depuis le confinement, je ne suis pas sortie. Pour les courses, c’est une seule personne adulte qui sort de la maison. J’ai de la chance, je profite du jardin pour sortir un peu.
Ce qui me manque le plus, ce sont les contacts à l’extérieur avec mes amis. Ma famille vivant dans une autre région, je les avais déjà en contact téléphonique.
Ce qui m’ennuie le plus durant cette période, c’est d’être privé de liberté. Au début, cela m’a énervée car je ne savais pas de tout ce que je devais faire. J’ai eu l’impression qu’on m’avait donné des clefs en rentrant sur une Garantie Jeune et que tout s’est arrêté d’un seul coup. On m’avait enlevé les clefs. Cela va mieux depuis que j’ai repris cette classe virtuelle depuis une semaine. J’étais en pleine hésitation sur mon projet professionnel et maintenant, j’envisage de reprendre une formation comme employée de commerce en multi spécialité.
Si j’avais à faire passer un message, ce serait celui-là : « Respectez Les consignes, Restez chez vous, Arrêter de sortir »

 
Marc
 
Au départ ça allait…. Maintenant je suis déprimé, je n’ai rien envie de faire, on s’ennuie. Je dors, je regarde la tv et je mange c’est tout. Des fois des série Netflix. Je vis dans un appartement avec petite cour. Je vis avec ma grand-mère Il y a juste une dame et sa fille au-dessus. 
On a fait des courses avant de ne plus pouvoir sortir. Quand on a faim on le fait en grande quantité et on en a pour plusieurs jours, mais on a plus trop faim là. Il manque juste du laitage, mais si on va aux courses on a peur d’être malade. 
On a plus envie de sortir du tout, de parler avec les gens, on se méfie de tout. Là quand on parle de tout et de rien comme ça je ne pense pas à ça. Quand je joue à la ps4 avec ma famille au bout d’un moment on a mal à la tête, ça m’inquiète. Tout m’inquiète. C’est difficile de voir passer les gens on s’inquiète pour tout. Dès que ma grand-mère a mal quelque part comme aux poumons je m’inquiète. Des fois il y a des gens qui frappent mais on n’aime pas. La police nous dit de ne pas sortir le chien en même temps mais on n’aime pas sortir seul.
Je sais que si je fais des candidatures maintenant ça va m’énerver d’attendre.
Marc a beaucoup d’inquiétude autours de la maladie et dort mal. Il regarde beaucoup de théories en ligne qui grossissent son angoisse.
 

Laureline 25 ans (mère isolée-2 enfants : 3 et 5 ans) 

D’un naturel enjoué, Laura s’est organisée au quotidien pour que cette période de confinement soit la moins difficile à vivre pour ses enfants. C’est sa priorité.
Ils vivent tous les 3 dans un petit appartement sans terrasse et balcon. Mais, ouvrir la fenêtre par ce beau soleil, leur permet de « respirer le grand air » et d’avoir un regard différent sur son quartier.
Laura a la tête plein d’idées et proposent à ces enfants des jeux pour s’amuser comme par exemple, des devinettes pour découvrir des « coins » et des « recoins » de son quartier auxquels elle n’avait pas fait attention auparavant.
Mais, elle est agacée de constater que ses voisins ne respectent pas les consignes de sécurité. Ils se regroupent pour faire « quoi ? », « ils n’ont vraiment rien compris !».
Laura me précise qu’elle n’a plus de forfait internet, elle l’utilisait en partage de connexion pour que son aîné puisse faire l’école à la maison et des jeux éducatifs sur ordinateur :
« Tant pis, on fait autrement, on invente, on crée et on rigole ».
Elle me précise que sur France 4, il y a des cours avec des enseignants et ajoute que cela lui permet de prendre du temps pour elle.
Dans ces moments comme celui que nous sommes en train de vivre, Laura ne perd pas son sens de l’humour et surtout sa capacité à changer ses habitudes. Elle me dit quand même, inquiète en évoquant le décès d’un jeune homme de 25 ans dont lui a parlé sa grand-mère.
Laura me remercie de l’avoir appelée et d’avoir passé un court instant de son confinement avec elle… on s’est donné rdv la semaine prochaine au téléphone.


Baptiste, 25 ans 

J’habite encore avec mes parents alors j’ai la chance de ne pas être tout seul.
J’ai une console de jeux, un pc et la télé dans ma chambre alors je peux m’occuper et rester seul si j’ai envie. Sans savoir qu’on allait être confiné, j’avais acheté plusieurs mangas, je vais avoir le temps de les lire. J’en ai quand même un peu marre d’être chez moi parce que je ne peux plus faire grand-chose. Je n’ai pas internet chez moi, mes parents ne veulent pas alors normalement, je vais à la Médiathèque de Cormeilles où il y a internet gratuit mais elle est fermée. Ne pas avoir internet, c’est dur parce que je ne peux pas consulter mes mails, regarder les offres d’emploi et des vidéos en streaming. Les réseaux sociaux je n’aime pas ça et je n’ai pas de Facebook alors ça je m’en fiche.
C’est cool que vous m’ayez appelé comme ça, on peut discuter des offres d’emploi et vous allez pouvoir m’aider à refaire mon CV parce que je dois rajouter des choses. Mais le plus dur pour moi, c’est la lettre de motivation, tout seul, je ne sais pas quoi mettre parce que je voudrais que ce soit généraliste.
Et puis, à part ma sœur qui est loin, je n’ai pas énormément de contacts.
En ce moment, je suis en remise à niveau mais forcément, c’est suspendu. Et j’ai bien peur que du coup, elle traîne jusqu’en septembre. J’avoue que quand même, ça ne me manque pas de devoir prendre le bus tous les matins à 7h pour y aller.
Avec mes parents, on fait chacun son tour pour faire les courses histoire de sortir un peu et comme je suis en ville, j’y vais à pied. Ça va, on a ce qu’il faut mais ça fait drôle de voir plein de rayons vides, on croirait que c’est la guerre ou la fin du monde.
Je crois que c’est l’air frais qui me manque le plus surtout quand je vois le soleil par la fenêtre, ça donne envie de sortir.
Ça fait du bien de parler un peu avec quelqu’un d’autre que mes parents parce qu’on parle tout le temps du coronavirus et j’en ai marre, y’a que ça partout aux infos déjà.
J’espère quand même que le confinement ne va pas durer jusqu’en mai.
 

Thomas, 20 ans

Le projet de Thomas est de trouver un emploi en ville afin de pouvoir accéder à un logement autonome.
La période de confinement ne change pas grand-chose à son quotidien. Ses principales activités sont le jardinage lorsqu’il fait beau, sinon il regarde ses séries et joue à des jeux vidéo.
C’est son père qui s’occupe de faire les courses et ses parents préparent les repas.
Il ressent néanmoins un fort agacement et une déception car il avait réussi à décrocher un entretien d’embauche dans la ville où il souhaite emménager, le 30 mars 2020, rendez-vous reporté sans date précise.
Egalement, il comptait se rendre à un forum de l’industrie dans le mois qui a été annulé.
« Cette période de confinement va encore remettre à plus tard mon projet d’installation ».
Sa conseillère mission locale lui demande de relativiser et que ce ne sont que des démarches reportées.
Avant son prochain RDV, elle lui propose de s’entrainer et de suivre les conseils pour se préparer à l’entretien d’embauche en retournant sur la plate-forme Clic N’Job, tout en lui laissant la possibilité de garder contact par SMS ou par mail.
 
 
Alice, 24 ans – enceinte 
 
Mon humeur n’est pas là. Je suis anxieuse et à la fois triste. Je n’aime pas la solitude et je n’en peux plus, d’autant que mes hormones me travaillent vu que je suis enceinte. Je pleure tout le temps, c’est vraiment horrible pour moi.
J’occupe mes journées devant la télé ou en faisant un peu de ménage… Rien de bien intéressant. Je m’ennuie beaucoup.  
Je suis en confinement seule, c’est très dur pour moi. Je vois seulement ma mère une fois par semaine et ma sage-femme une fois par semaine. Je ne supporte pas cet isolement. Le plus difficile a gérer c’est la solitude. 
Pour les courses, n’ayant pas le permis pour le moment, c’est ma mère qui me les fait.  
Ce qui me manque le plus c’est de ne plus voir mes amis pour discuter, pour se promener. 
Des besoins ? Pas spécialement, mais je voudrais savoir s’il y a d’autres futures mamans qui voudraient rentrer en contact pour apprendre à se connaître et échanger sur nos grosses respectives. C’est une demande un peu spéciale mais je pense que ça me ferait du bien de discuter.
 
 
Portrait insolite : Madeleine, 94 ans - témoignage sur l’occupation allemande
 
Lorsque j’avais 17 ans- 18 ans, c’était plus compliqué. On pouvait sortir mais il fallait avoir une autorisation, il fallait également avoir ces papiers en règles, il y avait le couvre-feu où à la tombée de la nuit, il fallait se cacher, fermer tous les rideaux, avoir le moins possible de la lumière. C’était très strict.
On bougeait mais comme on était en carriole, on n’allait pas très loin de toute façon. Les lettres passaient mais il fallait attendre longtemps pour les recevoir. On pouvait jouer en famille, comme les petits-chevaux…On en a fait des parties. On a ri durant ces moments mais on n’avait toujours peur…peur des bombardements et on n’avait rien à manger. Le peu qu’il y avait, était pour eux, les Allemands…Les commerces étaient fermés ou étaient détruit, on avait peu à manger et à la fin, on n’avait plus rien.
Cela a duré 5 longues années. A la liberté, les américains, les canadiens, nous offraient beaucoup de choses, je me souviens de ces boules de pain blanches…hum que c’était bon ! Tout a repris ensuite son rythme mais ce ne fût pas facile car on n’était pas riche. 
Actuellement, je me méfie de la situation. On ne sait jamais. Je fais très attention : pas d’excès. Je n’étais pas née lors de la dernière épidémie de la grippe espagnole mais dans ma famille, j’ai le souvenir d’en avoir entendu parler car ma mère a perdu 3 de ces enfants. On aurait été plus nombreux sinon.